Environ 4 mois que chaque jour, je mets en ligne une image au moins.
Ces derniers temps, je pensais souvent à Raymond Depardon.
Ses plaintes récurrentes dans " Correspondance new-yorkaise ".
Les insuffisances multiples.
Sensation un peu similaire, de passer à côté des choses, des gens, des situations qui n'en sont pas, des lieux et des lumières.
Sensation d'épuisement.
De quoi?
Le fil des questions sans réponse a commencé à se dévider.
Qu'est-ce ne pas voir? qu'est-ce voir?
Comment photographier? maintenant?
Hier à Créteil, face à ce gamin noir sur son vélo, qui me souriait.
Pourquoi me souriait-il d'ailleurs? que représentait-il pour moi?
qu'est ce que j'étais pour lui, de passage, là, avec mon appareil photo?
Bref, je repensais à l'une de mes premières commandes du SAN en 86 à Evry,
sur les dalles entre les espaces trop larges, en hiver, dans une sorte de désert.
Tout ce qui n'a pas changé en 25 ans.
Tout ce qui a changé en quelques décennies.
Aurais bien évidemment envie d'autres espaces, d'autres décors, d'autres couleurs de peaux.
Limites d'un périmètre exsangue, d'un rythme, d'un 24 heures qui passe trop vite.
Essoufflée, même en regardant le ciel.
Lasse des mêmes endroits.
Prendre la route, comme une tortue me ferait le plus grand bien sans doute.
Oxygénation face à une grande fatigue.
est-ce seulement illusoire ou nécessaire?